Jean-Marc AyraultJean-Marc Ayrault
,, la synthèse à Matignon- Jean-Marc Ayrault a été nommé Premier ministre par François Hollande et a été chargé de former le gouvernement, a annoncé mardi le secrétaire général de l'Elysée, Pierre-René Lemas.
Le député-maire de Nantes, qui a été pendant 15 ans le chef du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, est un proche du nouveau président et n'a jamais occupé jusqu'ici de poste gouvernemental.8
François Hollande nomme Premier ministre celui qui correspond au portrait-robot qu'il avait dressé. Portrait.
À ne pas manquer
Tesson : Hollande et la France, un mariage de raison
Par Philippe TessonPrésidentielle : "L'AFP n'a pas enfreint la loi"
La sortie de l'euro, un gouffre pour la France
Par Marc VignaudCette mallette noire qui ne quitte pas les présidents
Par Hélène VissièreL'Europe attaque une base de pirates en Somalie
Par Jean Guisnel"Il faut d'urgence interdire le tabac !"
Par Anne Jeanblanc
Il est 19 heures légèrement passées lundi soir lorsque Jean-Marc Ayrault arrive sur la terrasse du café Saint-Victor (Paris 5e), où de nombreux dirigeants PS sont attablés devant qui un Coca light, qui une bière, qui un Vittel menthe. Il y a là entre autres Aurélie Filippetti, François Rebsamen, Jean-Yves Le Drian, Kader Arif, etc.
Ayrault sort comme tous les autres de la salle de la Mutualité, en face, où François Hollande vient lors d'un conseil national de prononcer son dernier discours "à une réunion partisane". D'autres responsabilités attendent le président élu, qui "ne veut en aucun cas manquer à la France". Il doit être mardi matin investi lors de la passation des pouvoirs avec Nicolas Sarkozy. Ayrault parade, serre toutes les mains et va s'attabler avec Jérôme Cahuzac. Il sait déjà, "depuis quelques jours", confie un proche de François Hollande. La meute de journalistes qui le suit le presse : il sera mardi nommé Premier ministre.
Longue vie militante
Lorsque François Hollande dresse à Des Paroles et des actes le 26 avril dernier le portrait-robot de son Premier ministre idéal, c'est déjà l'ombre de Jean-Marc Ayrault qui plane au-dessus du plateau. Ce sera quelqu'un "qui connaît bien le PS, qui connaît bien les députés, et qui me connaît bien", dévoile le candidat du PS à la présidentielle. Depuis, Hollande a gagné la bataille élyséenne... Et confirmé ce qui était devenu un secret de Polichinelle : Jean-Marc Ayrault s'installe à Matignon.
À 62 ans, il a une longue vie militante derrière lui, ayant adhéré au PS peu après le congrès d'Épinay en 1971. Élu député de Loire-Atlantique en 1986, puis maire de Nantes en 1989, il intègre le bureau national du PS (direction du parti) en 1994, mais, surtout, il gagne la présidence du groupe PS à l'Assemblée nationale en 1997.
Il occupe donc pendant quinze ans cette fonction stratégique, pivot entre la présidence de l'Assemblée et le parti, sans faire de vagues... Régulièrement présent dans les médias, mais sans jamais attirer vraiment la lumière. Sur les bancs de l'Assemblée, on le voit souvent complice au côté du premier secrétaire du PS d'alors, un certain François Hollande.
Le prof d'allemand joue les guides
En 2006 pourtant, il soutient dès les premières heures l'iconoclaste candidature de Ségolène Royal à la primaire interne qui l'oppose à Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius. En revanche, lors du terrible congrès de Reims de 2008, il se range derrière le tandem Bertrand Delanoë-François Hollande. La motion rencontre un succès tout relatif... Mais la fidélité finit par payer.
Outre le fait d'être à lui seul la synthèse des critères arrêtés par Hollande pour obtenir Matignon, les proches de Jean-Marc Ayrault mettent en avant un autre de ses points forts : professeur d'allemand de métier, sa connaissance parfaite de l'Allemagne ne peut être qu'un plus pour François Hollande qui s'engage dans un bras de fer avec Angela Merkel sur le traité de stabilité financière. En décembre 2011, c'est lui qui jouait les guides dans Berlin pour François Hollande et Valérie Trierweiler, à la veille du congrès du SPD auquel était invité le candidat PS.
"Ayrault est droit, carré et rond"
Olivier Faure, secrétaire général de l'Assemblée et proche de Jean-Marc Ayrault, résume ainsi les qualités du nouveau Premier ministre : "Il est droit, carré et rond." Et de développer : "Il est droit sur le plan moral, carré sur la gestion des affaires publiques, et rond, car il a toujours su mettre de la diplomatie où il faut et avoir du tact et de l'intelligence humaine pour gérer les équipes."
Sauf que tout n'est pas si rose. La semaine dernière, une vieille affaire datant de 1997 - Jean-Marc Ayrault a été condamné pour favoritisme - a suscité la polémique, la droite jugeant que si Hollande le nommait à Matignon il "renierait sa parole" - Xavier Bertrand dixit. Le nouveau président avait en effet pris durant sa campagne l'engagement de ne pas s'entourer de politiques ayant été "jugés et condamnés".
Ayrault s'était aussitôt défendu, affirmant : "Ma probité personnelle n'a jamais été mise en cause. Il n'a jamais été question d'enrichissement personnel ou de financement politique." Interrogé par quelques journalistes sur le sujet lors d'un déplacement à Tulle, vendredi 11 mai, François Hollande avait balayé : "Cette affaire a plus de dix ans. Il y a prescription. Ceux qui en ont parlé n'en avaient même pas le droit." Ce jour-là, il avait déjà arrêté son choix.
- 14 mars 1977 - 12 mars 1989 : maire de Saint-Herblain (Loire-Atlantique)
- 1976-1982 : conseiller général de Loire-Atlantique
- 2 avril 1986 - 14 mai 1988 : député de Loire-Atlantique
- 1997-2007 : président du groupe Socialiste à l'Assemblée nationale française
- Depuis le 5 juin 1988 : député de la 3e circonscription de Loire-Atlantique
- Depuis le 18 mars 1989 : maire de Nantes (Loire-Atlantique)
- Depuis 2002 : président de Nantes Métropole
- Depuis 2007 : président du groupe Socialiste, radical, citoyen et divers gauche à l'Assemblée nationale française
- Depuis le 15 mai 2012 : Premier Ministre de François Hollande
En 2009, selon un classement publié par le quotidien Le Monde, il est le deuxième homme politique français par le cumul des mandats (sa présidence du groupe des députés PS n'étant pas prise en compte dans le classement). Il a déclaré « assumer pleinement » tout en précisant que « la limitation du cumul va dans le sens de l'histoire »20,21. Jean-Marc Ayrault gagne 8 100 € d'indemnités par mois22.
Il occupe des postes honorifiques : en 1992, il est président de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains ; de 1995 à 1997, il préside l'Association des maires de grandes villes de France.Il est nommé Premier ministre de François Hollande le mardi 15 mai 2012. Traditionnellement, sa première action sera de choisir puis de soumettre la constitution du gouvernement au Président de la République, le mercredi 16 mai 2012. Ce gouvernement sera le 35egouvernement de la Ve République française.
Origines, études et famille[modifier]
Jean-Marc Ayrault est le fils de Joseph Ayrault1 (né en 1921), de Maulévrier, ouvrier agricole, ouvrier dans une usine textile, puis cadre dans cette même usine, et de Georgette Uzenot (née en 1928), de Nantes, couturière puis femme au foyer.
Il est élève de l'école primaire catholique Saint-Joseph de Maulévrier et, de 1961 à 1968, du lycée public Colbert de Cholet2. Il fait ensuite des études supérieures d'allemand à l'université de Nantes. En 1969-1970, il passe une partie de l'année (un « semestre ») en Allemagne, à Wurtzbourg. Il est licencié en allemand en 1971, puis passe le CAPES en 1972. Il fait son année de stage au collège de la Trocardière (Salvador-Allende) à Rezé et est nommé professeur à Saint-Herblain au collège de l'Angevinière en 1973.
Jean-Marc Ayrault est exempté du service national en 1976. Devenu maire de Saint-Herblain, il n'occupe plus pendant quelques années qu'un poste de professeur à mi-temps.
Vie privée[modifier]
En septembre 19713, il épouse Brigitte Terrien, de Maulévier, étudiante en Lettres modernes, professeur de français à partir de 1974. Elle devient ensuite conseillère générale du canton de Saint-Herblain-Ouest-Indreentre 1982 et 2001. Ils ont deux enfants.
Débuts militants[modifier]
Durant son adolescence, Jean-Marc Ayrault devient membre du Mouvement rural de la jeunesse chrétienne, d'abord à Cholet, puis à l'université de Nantes. Cette organisation a joué un rôle essentiel dans sa formation politique dans la mesure où, dans les années 1966-1968, elle est marquée par une vision libératrice de la religion et elle aurait adopté certains éléments du marxisme4 comme outil d'analyse de la société.
Durant ses études, Jean-Marc Ayrault veut s'investir dans l'action politique et s'intéresse au Parti socialiste. Il quitte le MRJC fin 1970 et rencontre à Nantes au début de 1971 son premier mentor politique, Bernard Hazo, membre de la Convention des institutions républicaines de François Mitterrand. C'est dans ce cadre qu'il participe à la préparation du congrès d'Epinay, en apportant sa voix à la motion Poperen. Après le congrès, la tendance Poperen se retrouve dans la minorité, Pierre Mauroy s'étant rallié à François Mitterrand. Jean-Marc Ayrault adhère ensuite personnellement au PS. Bernard Hazo, déçu par le tournant de 1983, quittera le PS en 1984 pour rejoindre le Parti des travailleurs.
Après un passage à la Jeunesse socialiste, Jean-Marc Ayrault entre en janvier 1972 dans la section de Saint-Herblain du PS, dont il va assez vite devenir secrétaire-adjoint, puis secrétaire en 1974, alors que celle-ci passe d'une vingtaine à une centaine de membres de 1972 à 1977.
Maire de Saint-Herblain[modifier]
Lors des élections cantonales de 1976, Jean-Marc Ayrault est élu dans le canton de Saint-Herblain-Indre. Il siège au conseil général jusqu'en 1982. Il participe à des luttes à propos du Sillon de Bretagne et des centres sociaux de Saint-Herblain.[réf. souhaitée]
En 1977, il affronte directement Michel Chauty pour la mairie de Saint-Herblain et devient (avec 56 % des voix) le plus jeune maire de France d'une commune de plus de 30 000 habitants. Il a pour premier adjoint Charles Gautier, qui sera son successeur.
En 1978, il est désigné comme candidat par les militants pour les élections législatives, devant Alain Chénard, mais celui-ci est imposé par François Mitterrand pour des raisons d'équilibre entre les ex-SFIO (les « mauroyistes ») et les nouveaux socialistes. Jean-Marc Ayrault refuse d'être son suppléant (il le sera en revanche de 1981 à 1986).
En 1979, il entre au comité directeur du Parti socialiste lors du congrès de Metz, au cours duquel il est membre de la commission des résolutions. Peu après, le courant CERES prend la direction de la fédération de Loire-Atlantique, avec Jean Natiez comme secrétaire. En 1981, au congrès de Valence, il entre au bureau exécutif national. Jean Natiez quittant le secrétariat fédéral de Loire-Atlantique, Jean-Marc Ayrault laisse cette fonction à Charles Gautier, son premier adjoint à Saint-Herblain.
Pendant ses deux mandats, on peut signaler les travaux de réhabilitation du Sillon de Bretagne ainsi que des interventions municipales à propos d'entreprises ; la construction de la salle de spectacles Onyx.
De 1977 à 1982, il intervient assez souvent, en particulier à propos d'un projet de centrale électro-nucléaire au Pellerin, qui concerne assez directement son canton. Mais à cette époque le Conseil général de Loire-Atlantique a une majorité de droite.
Maire de Nantes[modifier]
En 1989, la mairie de Nantes est un objectif envisageable pour le PS. Le maire RPR , Michel Chauty, ne se représentait pas. Jean-Marc Ayrault est formellement candidat à Nantes en décembre 1988. La campagne électorale est marquée par les visites de François Mitterrand à Saint-Herblain en février 1989 à l'occasion d'une inauguration et celles du Premier ministre Michel Rocard et de Jacques Chirac à Nantes. Le 12 mars 1989, la liste Ayrault l'emporte dès le premier tour, avec 50,19 % des voix, face à la liste de Daniel Augereau qui recueille 40 % des voix. Il est successivement réélu maire en1995, 2001 et 2008.
Bien que des signes de la « renaissance » de la ville se soient manifestés avant son arrivée à la mairie de Nantes[réf. nécessaire] : réintroduction du tramway, due à Alain Chénard, édification de la cité des Congrès, de la technopole Atlanpole, décidées par Michel Chauty, arrivée du TGV en 1989, il est souvent porté à son crédit[réf. nécessaire]d'avoir favorisé une vie culturelle active à Nantes, dont les symboles sont :
Un autre aspect de son action est l'urbanisme, notamment les réaménagements du centre-ville : cours Saint-Pierre et Saint-André, place Saint-Pierre, cours des 50-Otages, place Royale et les développements du système de transport public (nouvelles lignes de tramway, ligne de bus en site propre « Busway », système de vélopartage « Bicloo »).
Dans le cadre de la mairie, Jean-Marc Ayrault encourage également un travail sur la mémoire des expéditions négrières des Nantais au xviiie siècle, dont l'initiateur est l'avocat de centre gauche Yvon Chotard, chargé des relations internationales et du tourisme jusqu'en 20085,6, ce qui aboutit à l'inauguration en mars 2012 du Mémorial de l'abolition de l'esclavage, réalisé par l'artiste polonais Krzysztof Wodiczko7.
Concernant l'éventualité d'un redécoupage des régions préconisé par le rapport du comité Balladur, Jean-Marc Ayrault est opposé, tout comme Jacques Auxiette, mais contrairement à Jean-Yves Le Drian, à Patrick Mareschal ou à son adjoint Jean-Louis Jossic, à ce que la Loire-Atlantique rejoigne la Région Bretagne8.
Il développe la structure intercommunale, le Syndicat intercommunal à vocations multiples de l'agglomération nantaise (SIMAN) de 1982, devenant district en 1992 et communauté urbaine en 2002 sous le nom de Nantes Métropole ; il en prend alors la présidence.
Il défend le projet de construction du nouvel aéroport de Notre-Dame des Landes, surnommé par les opposants à ce projet l'Ayraultport9.
Le 19 décembre 1997, il est condamné à une peine de six mois de prison avec sursis et 30 000 F d'amende pour favoritisme, après l'octroi, de décembre 1991 à décembre 1993, sans mise en concurrence ni appels d'offres ni contrat, du marché d'impression du journal municipal nantais à Daniel Nedzela, homme d'affaires proche du PS, pour un budget d'impression évalué à six millions de francs par an10. Jean-Marc Ayrault se défend en affirmant qu'il n'imaginait pas que la loi de 1991, qu'il avait votée, pouvait s'appliquer pour un marché public de quelques millions de francs. Il ne fait pas appel11,12,13,14. En 2012, cette condamnation refait surface dans la presse, lorsque Jean-Marc Ayrault est pressenti pour occuper le poste de Premier ministre15. Son entourage rappelle qu'il a bénéficié depuis celle-ci d'une réhabilitation de plein droit16.
Le 18 août 2008, Jean-Marc Ayrault a reçu le dalaï-lama à la mairie de Nantes à l'occasion du séjour du chef spirituel tibétain à Nantes, du 15 au 20 août17. Plusieurs mois auparavant, le 28 mars 2008, le maire de Nantes avait symboliquement pavoisé l'hôtel de ville du drapeau tibétain en signe de solidarité avec le peuple tibétain suite aux événements tragiques de mars. Ayrault est membre du Groupe d'études sur le problème du Tibet de l'Assemblée nationale18
Député de Loire-Atlantique et président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale[modifier]
Élu à l'issue des élections législatives de 1986, il est député de la troisième circonscription de ce département depuis 1988.
Il devient président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale en 1997. A cette fonction, il connaît un revers en 1998 à propos du projet de loi sur le PACS, présenté par le gouvernement, mais qui échoue en première lecture parce que les députés socialistes ne sont pas assez nombreux ce jour-là. Le PACS sera finalement voté plus tard.
À l’approche de l’élection présidentielle de 2007, il proclame dès septembre 2006 son soutien à Ségolène Royal dans le cadre des primaires organisées par le Parti socialiste.
Le 17 juin 2007, il est réélu député pour un septième mandat consécutif, avec 66,15% des voix. Le 25 juin 2007, il est reconduit pour la troisième fois comme président du groupe parlementaire, devenu le Groupe socialiste, radical, citoyen et apparentés (SRC).
Proche du nouveau président de la République François Hollande, il soutient ce dernier dans le cadre de la primaire socialiste de 2011 et participe activement à sa campagne présidentielle. Il est considéré comme un des favoris pour le poste de Premier ministre19.
ليست هناك تعليقات:
إرسال تعليق