mardi, novembre 29, 2011

GUIGNOL (inventé vers 1804 par le lyonnais Laurent MOURGUET)


AU FIL DU TEMPS GUIGNOL > Laurent Mourguet

Laurent Mourguet, né le 3 mars 1769 à Lyon, baptisé le même jour en l'église Saint-Nizier, est canut de profession (il fabrique des tissus de soie). : il est l'inventeur de Guignol.
Le 22 novembre 1788, en l'église de Saint-Georges, il épouse Jeanne Esterle dont il aura dix enfants.

Sa condition de canut ne lui permettant plus de subvenir aux besoins de sa famille, il part sur les routes pour devenir marchand-forain puis arracheur de dents.
Mais les villageois tremblent en entendant les cris que provoque chaque dent arrachée. Bientôt plus personne n'ose s'approcher de la chaise du dentiste.

Mais Laurent Mourguet ne se décourage pas. A cette époque le personnage de Polichinelle est très en vogue : Laurent Mourguet qui, bien qu'illettré, ne manque pas d'imagination, décide d'utiliser la marionnette et se met à raconter des histoires très drôles.
Les passants s'arrêtent pour l'écouter et tout le monde rit. Dans cette humeur joyeuse, la crainte des tenailles disparait et les gens finissent par se laisser soigner.
Laurent Mourguet devient l'ami du public et face au succès rencontré sur les foires et les marchés, il abandonne le métier de dentiste.

Vers 1804, il revient à Lyon pour créer un théâtre, installe son castelet (toujours avec le personnage de Polichinelle) dans un café rue Noire (actuelle rue Stella) et se consacre entièrement à ses marionnettes; petits et grands assistent à ses aventures.
Il abandonne alors les personnages de la Commedia d'arte et invente Gnafron et Guignol, ce duo mythique de personnages purement lyonnais.
Laurent Mourguet renoue avec la tradition ambulante et se produit avec sa famille dans tout le Lyonnais.
Vers 1830, il s'installe au Café du Caveau, aux Célestins. En 1840, il prend sa retraite à Vienne dans l'Isère ; il meurt le 30 décembre 1844, plein de gloire.
Ses enfants reprennent le flambeau et deviennent comme lui  "guignolistes",
- tout d'abord au Café du Caveau, Place des Célestins (de 1837 à 1848)
- puis au Castelet du théâtre de Guignol de 1852 à 1873, dans le Petit Passage de l'Argue (fermé en 1927).
.
Laurent Mourguet ne savait ni lire, ni écrire.

Les pièces constituant le répertoire de Guignol nous sont parvenues, en majorité, grâce à un magistrat, Jean-Baptiste Onofrio, habitué des spectacles de Guignol joués dans les cafés-théâtre.
Dès 1865, son Théâtre lyonnais de Guignol, (vingt pièces en tout) est publié. Le répertoire classique est repris mais partiellement et très assagi. Guignol devient un présentable, le public s'élargi à la bourgeoisie lyonnaise.

De 1872 à 1875, c'est le marionnettiste Pierre Rousset qui oeuvre au Petit Passage de l'Argue. Grand interprète du répertoire de Guignol, il reprend certains sujets des pièces écrites par Mourguet et les adapte avec des variantes.
Dix de ses pièces manuscrites ont été acquises en 2006 au nom de la ville de Lyon par Simone Blazy conservateur et directeur du Musée international de la marionnette.
La succession se fera ensuite par les deux familles cousines descendant de Mourguet : Josserand et Neichthauser.

En 1908, Pierre Neichthauser (marié en 1903 avec Eléonore Josserand arrière petite-fille de Laurent Mourguet) décide de célébrer le centenaire de la marionnette. Dès lors, le Guignol lyonnais des frères Pierre et Ernest Neichthauser (au Théâtre du Gymnase du quai Saint Antoine) connait un très grand succès national et même international, succès qui s'essoufle après la guerre de 39/45.

En 1911, des Lyonnais décident d'élever, grâce à la souscription publique, une statue en hommage à Laurent Mourguet, créateur de Guignol. Elle est inaugurée le 12 mai 1912. Suivra en 1913 la création de la Société des Amis de Guignol, qui devient en 1947 la Société des Amis de Lyon et de Guignol.

Dans les années soixante et jusqu'en 1990, la famille Mourguet représentée par Jean-Guy Mourguet, assure le répertoire de Guignol dans le théâtre de la rue Saint Georges. Après la dernière représentation, J-G Mourguet décide de léguer les marionnettes, accessoires, documents du théâtre à la ville de Brindas (où il habite, et où les Neichthauser ont vécu aussi).

Un musée s'y est ouvert en 2008...      .
Pourquoi Faut il montrer
GUIGNOL
aux enfants ?

Avez-vous assisté avec des enfants à une représentation du Théâtre GUIGNOL ?
Si oui, vous vous êtes certainement diverti en voyant les visages épanouis et en entendant les frais éclats de rire de tout ce petit monde.
L'enfant s'y amuse davantage qu'à tout autre jeu, car même s'il n'est que spectateur, il prend part à l'action : il crie, il gesticule, il chante avec GUIGNOL.
Les comédies de GUIGNOL, écrites et composées pour l'enfance, jouées par des marionnettes qui se plient à tous les rôles, divertissent l'enfant parce qu'elles sont de son âge et faites pour son intelligence.
GUIGNOL est donc bien le théâtre par excellence de l'enfance qu'il divertit intelligemment. Oui, ceci est entendu ; mais POURQUOI ?
D'abord parce qu'il fait rire. Or, le rire est nécessaire à la santé de l'enfant. "Riez, riez beaucoup, recommandent les médecins. Celui qui rit se porte bien". L'enfant a besoin de sa ration de joie comme de sa ration alimentaire. Les jeunesses moroses préparent les vieillesse tristes. GUIGNOL fait rire grâce à ses moyens spectaculaires (gestes, décors, costumes, coups de bâton assénés à propos, à ses jeux de mots, à ses lazzis ou à ses réparties spirituelles et aux situations comiques créées dans ses scénarios).
Les pièces tout en ayant un fond de moralité sont montées sur une intrigue simple, ce qui n'exclut pas les situations cocasses ou les jeux de scène drôles.
Enfin, GUIGNOL, à l'encontre de certains films de cinéma, n'est jamais immoral, il ridiculise les défauts, les vices sans prononcer de sermons ennuyeux ou fastidieux. Il est une distraction saine et active, un délassement des heures de travail.- Et c'est aussi de lui qu'on peut dire : "Castigar ridendo mores" (En riant, il corrige les moeurs).
GUIGNOL trouve donc sa place aussi bien dans les loisirs de la semaine scolaire, que dans les distractions des centres aérés ou dans les fêtes de famille.
CE QU'EST GUIGNOL ? Au point de vue matériel, GUIGNOL est ce que l'on appelle une "marionnette à gaine", c'est à dire une marionnette dont la main de l'opérateur constitue le corps auquel il donne la vie. A tort, on appelle ce genre de poupées des "Guignols" car le terme : GUIGNOL (inventé vers 1804 par le lyonnais Laurent MOURGUET) désigne un personnage de comédie comme ceux de PIERROT et d'ARLEQUIN dans la Commedia dell'arte.
Marcel LEDUN
THEATRE GUIGNOL LYONNAIS

dessin extrait d'un programme du Casino municipal de Nice (1908)
Marcel LEDUN
et
ses marionnettes
présentent

LE MANOIR HANTEPièce comique en 1 acte par Tony Tardy
dans une adaptation de Marcel Ledun
Un double spectacle ... Celui du jeu des personnages traditionnels du GUIGNOL LYONNAIS qui se passe sur scène et celui des réactions du public qui vit réellement l'action de la pièce.
Jouée pour la première fois au Casino Municipal de Nice le 15 janvier 1908 par la troupe D. Valentin avec la collaboration de l'Auteur.
PERSONNAGES :
GUIGNOL L'INTENDANT - LA MARQUISE
Le théâtre représente la salle d'un vieux château.
Cette pièce pour marionnettes à gaine nous permet de retrouver le très sympathique et populaire personnage qui fait les beaux jours de tous les enfants depuis de très nombreuses années ; il s'agit bien évidemment de notre ami GUIGNOL, le canut lyonnais.
Dans cette aventure, nous le retrouvons dans un manoir, au service d'une respectable marquise et aux prises avec un redoutable intendant dont la jalousie n'a d'égale que son ambition de se voir un jour propriétaire de la vaste demeure.
Cet homme va essayer par tous les moyens de se débarrasser de son rival et va même lui faire croire que le manoir est hanté par feu Monsieur le Marquis ; en effet, la nuit même de son arrivée, GUIGNOL est confronté à un fantôme très étrange.
Le brave héros lyonnais déjouera-t-il à temps les funestes projets de l'intendant ?

Laurent MourguetIl existe plusieurs hypothèses sur l'origine du nom de Guignol. Les historiens évoquent ces hypothèses sans qu'aucun n'attribue à Laurent Mourguet la paternité d'une création purePF 1.

Dans son recueil de pièces intitulé Théâtre lyonnais de Guignol datant de 1865Jean-Baptiste Onofrio évoque un voisin de Mourguet, venu tester ses plaisanteries, qui disait, « c'est guignolant ». Mourguet aurait repris cette expression durant ses spectacles, et le public aurait nommé la marionnette en transformant guignolant en guignol. L'historien Paul Fournel conteste cette version et s'étonne que le nom de la marionnette ait pu être donné par le publicPF 1 et insiste sur le fait que guignolant n'a pas toujours voulu dire drôleNdP 1, ce qui rend peu probable cette étymologiePF 2. Desvernay estime que le mot vient de Guign'œilNdP 2, mais les yeux de la marionnette ne montrent aucune malformation particulière et on apprend dans la pièce Le pot de confiture que Guignol ne louche pasO 1,PF 3. En 1927, Jean Toneli évoque Nitouche et Guignolet, une pièce de Dorvigny que Mourguet connaissait ou encore l'installation du théâtre de Guignolet sur l'avenue des Champs-Élysées à Paris en 1818, qui aurait pu inspirer le nom du théâtre et celui de la marionnette. Toutefois, cette hypothèse est peu probable en raison de l'année 1808, retenue par l'historien Tancrède de Visan pour dater la création de la marionnetteTdV 1.
Une dernière hypothèse semble l'emporter chez les historiens qui reprennent OnofrioO 2,TdV 2,PF 1. Elle évoque un personnage réel nommé Guignol qui aurait servi de modèle à la marionnette. Le patronyme est attesté dans la région lyonnaise mais demeure rareTdV 3,PF 3. Il pourrait provenir du nom d'un village lombard Chignolonote 1. Le glissement onosmatique sur la base d'un toponymeTdV 4étant un phénomène courant à cette époque, Guignol viendrait de Chignol, une graphie attestée dans le recueil d'Onofrio.

Le théâtre des marionnettes en France au XVIIe et XVIIIe siècle[modifier]

Dès la Renaissance, les marionnettes accompagnent les vendeurs ambulant pour attirer le chalandEM 1 et deviennent au xviie siècle le principal conservatoire des personnages comiques, popularisés par la commedia dell'arteEM 2. Le théâtre de marionnettes se voit refuser l'entrée des théâtres royaux en France, ce qui a pour conséquence la création de spectacles sur les boulevards parisiensEM 3.Jean Brioché importe Polichinelle et créé de nouveaux textes pour animer ses spectacles du pont NeufEM 4. Les interdits royaux sur la parole provoquent l'émergence d'une littérature consacrée au théâtre de marionnettes, portée par des auteurs comme FuzelierLesage ou d'Orneval, séduits par une liberté d'expression retrouvée. Au xviiie siècle, le théâtre d'ombre de Séraphin (1745-1800) et la passion de la Duchesse du Maine pour cet art permettent la survivance de cette tradition avant l'explosion créatrice du xixe siècle. La Révolution française marque une ère nouvelle qui voit la naissance de nombreuses marionnettes dont les personnages spécifiques sont « issus des conjonctures provinciales »EM 4. Laurent Mourguet, créateur de Guignol est l'un des précurseurs de ce foisonnement créatif qui voit naître Kasperle en AllemagneKašpárek en Europe centraleTchantchès en Belgique ou Lafleur en France.

Laurent Mourguet, les débuts du créateur[modifier]


Laurent Mourguet, l'inventeur de Guignol, lamarionnette de rue. Buste avenue Doyenné, Lyon, 69005 (France).
Article détaillé : Laurent Mourguet.
Laurent Mourguet naît en 1769 à Lyon dans une famille de canuts. Il reçoit pour seule formation celle du métier de ses parents : le tissage de la soiePF 4. Marié en 1788 avec Jeanne Esterle dont il aura dix enfants, il baigne dans un milieu où la culture est importante, bercé par le théâtre et le goût des livresPF 5bien qu'il ne sache pas lire et n'apprendra jamais. À la Révolution, la pénurie de travail guette les ouvriers de la Fabrique et nombre d'entre-eux doivent se reconvertir. Mourguet quitte la ville pour la campagne et se fait marchand ambulant de bricoles, picarlatsNdP 3, remèdes et aiguilles. Il découvre l'univers des vogues de campagne, des cabarets et du patois local. Il ne quitte pas Lyon pour autant et déménage à deux reprises. En 1795, il se fixe dans le quartier deSaint-Paul, au 2, place de la Boucherie, logement qu'il ne quittera qu'en 1840 pour Vienne où il termine sa vie.
Ce qu'il a fait à la campagne, il va le faire à Lyon et s'installe en 1797 comme arracheur de dents sur les places de la ville. Afin d'attirer sa clientèle, il monte un spectacle de marionnettes, poursuivant une tradition bien ancrée depuis le xviie sièclePF 6,TdV 5. Sur une base textuelle improvisée et selon l'humeur du marionnettiste et l'actualité du jour, le spectacle remplit une fonction de gazette et se dresse en souriant contre les injustices que subissent les petites gens. Il utilise les marionnettes à gaine du burattino italien sur la base du théâtre classique de Polichinelle et les trames de la commedia dell'arte. Il devient marionnettiste professionnel dès 1804PF 7 et monte un premier théâtre rudimentaire dans la grande allée des Brotteaux au milieu du jardin du Petit Tivoli. Ses improvisations sur la base du répertoire italien attire les promeneursPF 8.
Il s'adjoint les services de Lambert Grégoire Ladrénote 2 dit père Thomas. Selon une des hypothèses avancées par les historiens de Guignol, la marionnette de Gnafron, maillon essentiel de la naissance du théâtre de Guignol, aurait été créé par Mourguet au départ de Thomas pour garder le souvenir de son inestimable compagnon, gouailleur quoique trop porté sur le vin du Beaujolais. Les deux amis se réunissent de nouveau lorsque Mourguet s'installe au rez-de-chaussée de son logis pour monter un spectacle au déroulé classique : monologue de Polichinelle, scène d'improvisation théâtrale accompagnée de musique et théâtre d'ombres.

Naissance de Guignol[modifier]

Peu après, Mourguet entre à la crèchenote 3 de la rue Noire, une des innombrables qu'abrite Lyon. De simple appariteur de décors, Mourguet commence à manipuler les marionnettes et apprend le répertoire du théâtrePF 9 : lors de la première apparition de Guignol que l'on date traditionnellement du 24 octobre 1808TdV 1, la marionnette porte le costume du Père Coquard, un des personnages qu'il a appris à jouer, un homme du peuple apportant un peu de simplicité et de bonne humeur, dans la veine du théâtre traditionnel des mystèresPF 9. La tête est une copie de celle de Mourguet lui-même : visage rond et fossettes qui encadrent un large sourirePF 10.
Né de cette tradition de simplicité, Guignol apparaît comme le porte parole des petites gens, prenant la place d'un Polichinelle qui lasse le public dans le courant individualiste et libertaire du Premier Empire. La marionnette est attestée de façon certaine vers 1818, période à laquelle la collaboration déjà rare du père Thomas s'arrête définitivement. Mourguet déménage à plusieurs reprises mais reste propriétaire des endroits où il monte ses représentations. Les années fastes du café-théâtre viendront bien plus tardPF 11.
Petit à petit le répertoire s'épuise et Mourguet doit jouer plusieurs personnages à la fois, ce qui le pousse à faire appel à d'autre manipulateurs : en 1820, des dix enfants nés de son mariage, Étienne (né en 1797) et Rose-Pierrette (née en 1804) forment avec leur père le noyau de la troupe, vite rejoints par l'époux de Rose-Pierrette, Claude Louis François Josserand, connu sous le nom de Louis Josserand I.

Les héritiers au xixe siècle[modifier]

Guignol au xxe siècle[modifier]

Après la célébration du premier centenaire en 1908, le Guignol lyonnais des frères Pierre et Ernest Neichthauser connut un très grand succès national et même international. Cette gloire du Théâtre du Gymnase du quai Saint Antoine allait s'estomper après la guerre de 39/45.
À partir des années 1960, c'est la troupe du Petit Bouif qui allait tenir le haut du pavé dans son théâtre de la rue Saint Georges, et sous l'impulsion de Jean-Guy Mourguet (descendant à la cinquième génération du créateur de Guignol, dont il reprenait le nom).
Après l'ultime spectacle de la troupe fin 1990 germera chez Jean-Guy Mourguet l'idée de léguer sa collection (de marionnettes, accessoires, documents…) au village de Brindas (où il habite, et où les Neichthauser ont vécu aussi), avec la perspective d'y ouvrir un musée. Ce sera finalement chose faite en janvier 2008 (et grâce à la CCVL, communauté de communes des Vallons du Lyonnais) avec l'ouverture à Brindas du Musée-théâtre Guignol.

Guignol aujourd'hui[modifier]

En 1998, la Compagnie des Zonzons se voit confier le Guignol du très officiel Théâtre Municipal de la ville de Lyon. En plus des spectacles pour enfants, ils essaient de renouer avec une tradition plus adulte en commentant l'actualité dans les bistrots.
En 2008, la ville de Lyon célèbre le bicentenaire de la naissance de Guignol. Des nombreuses manifestations sont prévues au cours de l'année. Le premier week-end de juin 2008, la majeure partie des « Guignolistes » français se sont retrouvés au jardin d'acclimatation à Paris pour célébrer les 200 ans de ce symbole hexagonal.
Un musée-théâtre abritant une importante collection de marionnettes données par Jean-Guy Mourguet (descendant de Laurent Mourguet), a ouvert ses portes à BrindasInt 1 cette même année.
Il complète ainsi la collection Guignol du musée Gadagne qui abrite le musée international de la marionnette de Lyon.

Technique et décors[modifier]

Le burattino[modifier]

Les personnage évoluent selon la technique du burattino. Ce terme italien aurait deux origines possibles : de buratto, l'étoffe grossière servant à tamiser la farine dont on confectionne le costume de la marionnette ou du personnage Burattino de la commedia dell'arteEM 5. Le burattino est synonyme de marionnette à gaine.
La tête est en bois, généralement en tilleul, plus rarement en peuplierPF 12 en hêtre ou en pinEM 6. Elle doit être robuste pour supporter les chocs. Elle mesure 15 et 18 centimètresnote 4, les yeux et les cheveux sont sculptés dans la matièrePF 12. Les membres sont généralement disproportionnésEM 6. Les bras sont rendus rigides par des tubes prolongeant les mains en bois afin de permettre à la marionnette de porter des accessoires lourdsPF 13. La gaine mesure une cinquantaine de centimètres au total.
La tête est manipulée par l'index tandis que chaque bras l'est par le pouce pour l'un, et par les autres doigts pour l'autre. Le poignet maintient la gaine au niveau de ses hanches tandis que le coude figure les pieds. L'absence de jambe a pour conséquence que certaines actions emblématiques du théâtre comique ne sont pas permises, notamment coups de pied et pirouettes. La rigidité des bras rend peu naturel le transport d'accessoires au point que ceux-ci doivent être sur-dimensionnés. Ainsi, selon Paul Fournel, « c'est pour cette raison que le bâton de Guignol ressemble à un tronc d'arbre et que la bouteille de Gnafron a des allures de jéroboam »PF 14. Cependant, ce même auteur souligne la « souplesse et une vivacité exceptionnelle » de la marionnette et du jeu que permet le mouvement direct de la main à l'intérieur de la gaine et l'utilisation de la pleine voix du manipulateur en raison de sa proximité avec la marionnettePF 14.
Les mouvements de la marionnette ne peuvent ainsi reproduire les mouvements humains et le burattino est davantage symbolique que les marionnettes à fils : le manipulateur doit trouver des mouvements particuliers pour traduire certaines émotions. Les mouvements de la tête permettent de rythmer la phrase et pallient le manque d'expression d'une bouche fixe. De même, les glissements de la marionnettes peuvent traduire des émotions, vers l'arrière la peur et l'étonnement, vers l'avant l'avidité ou la cupiditéPF 15.

Le jeu[modifier]

Le marionnettiste joue debout, les bras levés.
La tradition veut que Guignol joue à droite du public et soit tenu par la main gauche du marionnettiste et inversement pour GnafronPF 13. Comme dans un théâtre classique, le côté cour (à droite du spectateur lorsqu'il regarde la scène) s'appelle donc le côté Gui, pour Guignol. Et le côté jardin (à gauche) prend le nom de côté Gna, pour Gnafron. Les entrées de la rue se font du côté Gui et celles des appartements du côté GnaInt 2.

Les décors[modifier]

Castelet[modifier]


Un castelet de bois dans une rue duVieux Lyon présentant de gauche à droite Gnafron et Guignol

Le traditionnel décor du castelet servant aux représentations de Guignol se situe à Lyon, Place de la Trinité, devant le Café du Soleil.

Accessoires[modifier]

Personnages[modifier]

Les personnages principaux du théâtre de Guignol sont le canut Guignol, son compagnon Gnafron et Madelon, l'épouse de Guignol, parfois fille de Gnafron. On trouve également Toinon, l'épouse de Gnafron, le gendarme, appelé par certains[Qui ?] Flageolet, mais ce nom n'apparaît pas dans les textes traditionnels[réf. nécessaire], le propriétaire Canezou, le bailli ou encore Madame Quiquenet, la concierge.

Guignol[modifier]

Historique[modifier]

Caractère[modifier]

Guignol est un personnage assez complexe. A la fois naïf et malin, honnête et sans scrupules, le personnage change, évolue sans cesse au cours des pièces. Les traits dominants restent le côté bon vivant, l'attrait pour la bonne chère, le bon vin (d'autant plus exacerbé que les occasions sont rares et la misère quotidienne) ; l'amitié (notamment avec son ami Gnafron) ; sans oublier les fameux coups de bâton, ou tavelle.

Gnafron[modifier]

Article détaillé : Gnafron.

Étymologie et origine[modifier]

Le nom de Gnafron a pour origine le terme gnafre, « savetier, cordonnier »NdP 4.
Premier acolyte de Laurent Mourguet, le père Thomas aurait directement inspiré la marionnette de Gnafron : les deux compères lassés du répertoire italien et de Polichinelle se séparent rapidement car Thomas est trop porté sur le vin du BeaujolaisPF 16. Mourguet, devenu seul, aurait créé la marionnette de Gnafron à l'effigie de Thomas pour garder avec lui son inestimable compagnon. La ressemblance avec les images que l'on possède de Thomas et la marionnette de Gnafron appartenant à Mourguet est suffisamment frappante pour étayer cette thèsePF 17 toutefois mise à mal par le marionnettiste Durafour qui s'étonne du peu de place de Gnafron dans les pièces qui sont attribuées à Mourguet et suppose que la marionnette aurait plutôt été créée à l'époque de Jacques Mourguet fils par le père Chapelle, syndic des crocheteursPF 17. La marionnette aurait pu exister sous un autre nom et aurait été nommée par Jacques Mourguet du vocable local gnafre qui signifie cordonnierPF 18. La création de la marionnette n'est pas datée avec certitude mais semble contemporaine de celle de Guignol, vers 1808.

Caractère[modifier]

Comme Guignol, c'est un bon vivant. Il apprécie particulièrement le bon vin, cela se voit rien qu'à son visage, profondément rougi par le beaujolais. C'est un personnage drôle, mais aussi généreux et profond.

Madelon[modifier]

C'est la femme de Guignol ; souvent surnommée "Mère la Grogne", du fait de son caractère souvent acariâtre envers son mari et son ami Gnafron. Femme de caractère, bavarde, souvent battue, attentive aux rentrées d'argent (et surtout aux dépenses), elle est le type même de la femme au foyer, tranchant nettement avec celui de Guignol et de Gnafron, plus insouciants.

Les autres personnages[modifier]


Un gendarme et Guignol
  • Cadet
  • Canezou, le propriétaire
  • Le gendarme (appelé de diverses manières : Chibroc, Flageolet, La Ramée...)
  • Le juge, ou bailli
  • Le voleur (apparaît surtout dans les versions parisiennes)
  • Cassandre
  • Battandier
  • Le Sergent
  • La Toinon

Les sources du théâtre de Guignol[modifier]

Article détaillé : Liste de pièces de Guignol.

Les sources classiques[modifier]

Laurent Mourguet ne sachant lire, il n'a légué aucune pièce écrite.
Curieusement, c'est la censure imposée par Napoléon IIInote 5, en contraignant les troupes à soumettre leurs textes, qui permet la conservation de ce patrimoine oral.
En 1852, Victor-Napoléon Vuillerme-Dunand, le lettré de la troupe de Mourguet, dépose douze manuscrits. Cette formalité n'empêche pas les marionnettistes d'improviser et de dire ce qu'ils ont à dire. Ces premières traces écrites de Guignol, sont aujourd'hui précieusement conservées à Lyon, au musée Gadagne.
Mais c'est surtout grâce à Jean-Baptiste Onofrio que nous est parvenu le répertoire « classique ». Ce magistrat a publié en 1865, puis en 1889, deux volumes de textes. Il revendique cependant, dans la préface, avoir censuré certaines grivoiseries.
Depuis, le répertoire de Guignol a été transcrit dans de nombreux ouvrages. Parmi les pièces classiques du répertoire de Guignol, on trouve Le pot de confitureLe déménagementLes frères CoqLes couverts volésLa racine merveilleuseUn dentisteLes souterrains du vieux château.

Les variantes[modifier]

En 1911 plusieurs auteurs se sont amusés à écrire des parodies d'opéras ou de drames pour Guignol. Cette expérience, particulièrement pittoresque, ne semble pas avoir eu de suites.

Le répertoire contemporain[modifier]

Le théâtre, intrique et dénouements[modifier]

De multiples intrigues, un seul dénouement ?[modifier]

Une morale, des morales ?[modifier]

Parler lyonnais et héritage culturel[modifier]

Guignol est le digne représentant du parler lyonnais selon Tancrède de Visan. Afin d'entendre l'essence du parler lyonnais, il conseille d'assister à une pièce du répertoire plutôt que de consulter des ouvrages inutilementTdV 6. Les textes du répertoire sont émaillés de mots et d'expressions typiques de l'idiome local.

Le parler lyonnais dans le théâtre de Guignol[modifier]

Héritage sémantique[modifier]

De nombreux mots ou expressions ayant pour origine le mot Guignol sont attestés :
  • guignol : « se dit de quelqu'un de pasquin, qui fait des grimaces »NdP 5
  • faire le guignol : manquer de sérieux en frisant le mauvais goûtPF 19
  • grandguinolesque : adjectif désignant une personne ou un comportement, dérivé de l'expression faire le guignolPF 19
  • guignoliste : marionnettiste du théâtre de Guignol

Guignol, patrimoine culturel[modifier]

Paul Fournel estime que Guignol fait partie du patrimoine culturel enfantin, au même titre que Mickey Mouse ou TintinPF 20, qui évoquent le goût d'autrefois et le parfum de l'enfance. Le spectateur anonyme fait davantage mention de vagues costumes marron et d'histoire se finissant en coup de bâton que d'un spectacle grivois et contestataire.

Un symbole lyonnais[modifier]


Enseigne d'un théâtre de Guignol duVieux Lyon
« Notre âme populaire lyonnaise, elle, s'est logée dans une poupée de bois »1,TdV 6 dira Justin Godart, homme d'État et spécialiste de l'identité lyonnaise. Guignol est un symbole des traditions lyonnaises et dans les pièces, on retrouve des expressions lyonnaises qui ont tendance à disparaître. Symbole utilisé à des fins touristiques, il s'affiche sur les brochures de l'office du tourisme, sur l'autoroute à l'entrée de l'agglomération, sur certains bus (ligne 6), et sur des timbres en 1994 puis 2003.

Le théâtre de Guignol aujourd'hui[modifier]


Affiche d'un théâtre de Guignol

Sociétés amicales et associations[modifier]

Société des amis de Guignol[modifier]

En 1911, un comité est créé afin d'élever un monument à la mémoire de Laurent Mourguet. L’inauguration d'une stèle aura lieu quelques mois plus tard, avenue du Doyenné dans le Vieux-Lyon. Il reste alors un peu d'argent de la souscription. Justin Godart propose alors d'utiliser ces fonds pour créer une association avec pour but "la conservation et l’enseignement des traditions notamment du théâtre Guignol, du caractère et de l’esprit lyonnais". Nommée : la société des amis de Guignol, l'association et compte plus de 600 adhérents en 2010Int 3.

Les lieux[modifier]


La maison de guignol sur la Place de la Trinité (Lyon) à Lyon

Lyon et sa région[modifier]

France et étranger[modifier]


Représentation de théâtre de Guignol, àParis, dans le jardin d'acclimatation.

Les compagnies[modifier]

Guignol dans la culture populaire[modifier]

Le terme Guignol a essaimé hors de la région lyonnaise. Il désigne soit une marionnette, soit une personne qui s'amuse et amuse les autres.

Les Guignols de l'info[modifier]

Les Guignols de l'info est une émission satirique de marionnettes de la chaîne de télévision française Canal+.

Présence de Guignol dans la vie quotidienne[modifier]

  • Dans la chanson : la chanson C'est Guignol de Chantal Goya
  • Dans la publicité : Gnafron faisant la réclame pour le Cep Vermeil
  • Dans la marine à voile, un guignol désigne un dispositif pour raidir le mât (ou une partie de celui-ci). Il est composé d'un triangle rigide perpendiculaire au mât, sur lequel viennent s'appuyer deux câbles tendus qui assurent la rigidité.
  • A l'Assemblée nationale, les guignols sont des loges situées au-dessus de l'hémicycle, dans lesquelles se trouvent les équipes de télévision et lescommissaires du gouvernement.

Bibliographie[modifier]


Buste de Laurent Mourguet, avenue Doyenné (Lyon 5e)
Laurent Mourguet, né le 3 mars 1769 à Lyon (paroisse de Saint-Nizier) et mort le 30 décembre 1844 à Vienne dans l'Isère, était un marionnettiste français, créateur du célèbre Guignol.


Né dans une famille d'ouvriers
 canuts, Laurent Mourguet exerce plusieurs métiers (forain, marchand...) avant de devenir arracheur de dents en 1797. Comme il était de coutume, les dentistes de l'époque exerçaient leur art sur les places publiques, foires et faisaient croire à leurs patients que l'arrachage serait indolore, d'où l'expression « mentir comme un arracheur de dents » qui existe dès la fin du xviie siècle1. Dans la même optique, Laurent Mourguet détourne l'attention de ses clients par un spectacle de marionnettes inspiré du théâtre italien (Arlequin, Polichinelle et les autres personnages de la commedia dell'arte).Sa vie
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Entre 1804 et 1808, il invente son propre personnage, Guignol, lui ressemblant physiquement (visage aux gros yeux, nez retroussé, joues colorées), contestataire, impertinent, gouailleur déformant les mots, dont les comportements allaient si bien ressembler à ceux des canuts dont elle devient le porte-parole lorsque les soyeux lyonnais sont concurrencés par la soie étrangère2.
En 1820, il monte une troupe et se fait accompagner de ses enfants pour donner des représentations.
En 1839, alors qu'il est âgé de 70 ans, il crée, toujours avec certains de ses enfants, le premier café-théâtre Guignol permanent.
Lorsque Mourguet prend sa retraite en 1840, deux de ses dix enfants reprennent son théâtre de Guignol. Il meurt en 1844.

Son œuvre[modifier]

En 1804, il abandonne la tenaille pour se consacrer aux marionnettes, assisté du père Thomas, comédien qui aime un peu trop la bouteille.
C'est à cette période qu'il invente son premier personnage, s'inspirant des traits du père Thomas : ce sera Gnafron, cordonnier lyonnais ("regrolleur"), dont le nez rouge boursouflé témoigne de son amour un peu trop prononcé pour le beaujolais.
En 18083, il crée Guignol, qu'il habille comme les ouvriers canuts en le coiffant d'un catogan tressé (il empêchait les cheveux de se prendre dans les fils du métier à tisser). Un peu plus tard, Mourguet ajoute une femme (sa "fenotte") à Guignol : Madelon.
Impertinent, proche des préoccupations des gens, le talent de Mourguet rendra rapidement Guignol populaire. Ce n'est que bien plus tard que sa marionnette deviendra le héros de spectacles pour enfants.

La "dynastie" Mourguet[modifier]

Marié à Jeanne Esterle le 22 novembre 1788 à Lyon, Mourguet eut 10 enfants. Parmi eux, Jacques, tiendra le Guignol du Café du Caveau (place de Célestins à Lyon). Mais c'est surtout avec Étienne (né en 1797) et Rose-Pierrette (ou "Rosalie", née en 1804) que Mourguet parcourt la région lyonnaise pour y donner des représentations. Il se fait également accompagner du marionnettiste Louis Josserand, qui deviendra son gendre en épousant Rose-Pierrette.
Plus tard, c'est à Josserand que Mourguet léguera la direction de son théâtre. Josserand perpétuera la tradition. Dans sa troupe, on trouve Victor-Napoléon Vuillerme-Dunand, qui sera le premier à mettre par écrit les pièces de Guignol.
Rosalie Mourguet et Louis Josserand eurent 2 enfants, eux-mêmes marionnettistes : Louis et Laurent. Le jeune Laurent épousera la fille de Vuillerme4.
Plus tard, c'est Pierre Neichthauser (avec son frère Ernest), arrière-petit-fils de Mourguet par alliance (il a épousé Eléonore Josserand), qui fera vivre la tradition familiale dans son Théâtre du quai Saint-Antoine à partir de 1907. Le fonds Neichthauser (décors, poupées, matériel...) a été cédé à la Ville de Lyon lorsque les deux sœurs Neichthauser Jeanne et Hélène, filles d'Ernest trop âgées pour poursuivre l'œuvre de leur oncle et père se sont retirées en 1980. De nombreux documents ont été donnés soit au Musée de Gadagne (Musée de la marionnette de Lyon), soit à l'Association des Amis de Lyon et de Guignol.
Enfin, Jean-Guy Mourguet, dernier descendant de la famille Josserand a offert toute sa collection familiale à la commune de Brindas pour l'installation, en 2008, d'un musée consacré à Guignol.

Personnages créés par Mourguet[modifier]


Affiche d'un théâtre de Guignol
Guignol : le héros anarchisant
Gnafron : le cordonnier de bon sens et amateur de "pot". Il est le chantre du parler canut
Madelon : la fenotte (femme) de GuignolPinocchio vit à présent l'existence d'un petit garçon de douze ans aux côtés de son père Gepetto. Mais il n'a perdu ni son espièglerie, ni son grand coeur.


Voulant aider son père malade, Pinocchio se laisse avoir par la maléfique Madame Flambeau qui, profitant de sa naïveté, lui vend un étrange élixir censé guérir Gepetto. Cette potion de charlatan s'avère être en fait un mauvais sort qui le transforme le vieux marionnettiste en pantin de bois.


Pinocchio va devoir faire preuve de ruse, de courage et d'astuce pour aider son père à retrouver une apparence humaine. trucs et astuces

Notes[modifier]

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اسم فيلادلفيا (Philadelphia) يعود إلى أصول يونانية قديمة، وهو اسم مركب يتكون من جزأين: فيلو (Philo): تعني "الحب" أو "المحبة". أديلفوس (Adelphos): تعني "الأخ". بدمج الكلمتين معاً، يصبح المعنى الحرفي للاسم هو "الحب الأخوي" أو "مدينة الحب الأخوي" (City of Brotherly Love). لمحة تاريخية عن الاسم: عمان قديماً: في العصر الهيلينستي، أطلق الملك البطلمي بطليموس الثاني (الذي كان يلقب بـ "فيلادلفوس") هذا الاسم على مدينة عمان (عاصمة الأردن الحالية)، وظلت تُعرف باسم "فيلادلفيا" لقرون طويلة خلال العهدين الروماني والبيزنطي. الولايات المتحدة: اختار المستوطن الإنجليزي ويليام بن هذا الاسم لتأسيس مدينة فيلادلفيا الشهيرة في ولاية بنسيلفانيا الأمريكية عام 1682، ليعبر عن رغبته في أن تكون المدينة مكاناً يسوده التسامح والتعايش والمحبة الأخوية بين جميع سكانها.

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