Chose promise, chose due. Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, veut passer l'éponge sur l'ère Guéant et relancer les naturalisations d'étrangers. Il propose ce jeudi de supprimer les critères les plus contraignants d'accession à la nationalité française, instaurés par son prédécesseur. Manuel Valls, lui même naturalisé à 20 ans, estime que sa vision de la France, "terre d'accueil" doit ainsi remplacer celle de Claude Guéant, qui "regardait le monde avec méfiance".
Les questionnaires à choix multiples sur l'histoire ou la culture française sont donc abolis. Prévus pour juillet 2012, ils n'ont cependant jamais été appliqués, avec l'avènement de la nouvelle majorité parlementaire. "On ne devient pas Français en répondant à un QCM !", a lancé Manuel Valls jeudi lors d'une cérémonie de naturalisation à la préfecture de la Haute-Garonne. Idem pour l'obligation de détenir un contrat à durée indéterminé, à l'origine de nombreux refus de nationalité, selon le ministre. "Je refuse l'idée que seuls les détenteurs d'un CDI puissent devenir français", a-t-il également souligné.
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Pour faire valoir ses arguments, le ministre vient d'adresser à tous les préfets de France une circulaire revenant sur les critères "les plus discriminants qui sont à l'origine de près de 70% des refus". Ainsi, les motifs touchant au travail représentent environ 40% des raisons de rejet de demande, selon le ministère.
L'objectif : "redresser la courbe du nombre de naturalisations", résume le ministre, qui s'en est vivement pris à la politique du précédent gouvernement. Elle est selon lui responsable d'unebaisse de 30% du nombre de naturalisations entre 2010 et 2011 et de 45% entre 2011 et 2012. "L’accès à la nationalité française a été entravé, empêché", au détriment en particulier d'étrangers "parfaitement insérés dans la société française, qui ont fait le choix de devenir français", a-t-il affirmé.
Derrière cette mesure, tout un emblème. Se distinguer de la politique d'immigration du quinquennat précédent. Cette politique était le reflet d'une "France qui doute, qui regarde le monde avec méfiance et cède, alors, à la tentation du repli", estime Manuel Valls. Le président François Hollande "veut sortir de cette défiance. Une défiance qui, dans les paroles et parfois dans les actes, a pu prendre les traits d’une hostilité". Avant de conclure : "Nous devons retrouver l’apaisement".