Mystérieuse tuerie en Haute-Savoie, la fillette survivante a parlé
Affable, le père, Saad, «n'était pas de la graine d'espion», selon ses voisins.
Correspondant à Londres.
A peine l'identité du propriétaire de la BMW de Chevaline révélée par des sources proches de l'enquête jeudi à la mi-journée, que des bataillons de journalistes affluaient, y compris par hélicoptère, vers le domicile des victimes présumées dans le sud-ouest de Londres. Claygate, dans le Surrey, est un village résidentiel, calme et arboré, de quelque 6000 âmes, à 25 kilomètres de la capitale.
La famille de Saad Al Hilli, un ingénieur informatique de 50 ans, né à Bagdad, y résidait depuis une vingtaine d'années, dans une maison en briques et colombages assortie d'un jardin, qui a été perquisitionnée par la police. Les parents de Saad, tous deux décédés, s'étaient, selon des voisins, installés là dans les années 90, fuyant le régime de Saddam Hussein.
«Une famille très unie»
Saad vivait là, sur Oaken Lane, avec sa femme Iqbal, dentiste devenue mère au foyer, et leurs deux filles, Zaina, l'aînée, et Zehab, 4 ans. Les époux se seraient rencontrés à Dubaï il y a une dizaine d'années. Les parents d'Iqbal vivaient apparemment en Suède. Un voisin, George Aicolina, choqué par la nouvelle, a décrit la famille comme «très unie, adorable et appréciée du voisinage». Selon lui, ils étaient totalement intégrés dans la culture occidentale et parlaient anglais à la maison. Le père était «fou» de ses deux filles, «très intelligentes» et dotées de talents artistiques. L'école primaire locale a confirmé compter parmi ses élèves une Zaina Al Hilli, âgée de 7 ans.
Le chef de famille avait monté son entreprise de services informatiques, Shtech, installée non loin de là. Son comptable, Julian Stedman, consterné, interrogé par l'AFP, a précisé qu'il ne lui connaissait aucun ennemi. «Je n'aurais jamais pensé qu'il pouvait s'agir de lui. C'est un choc total», a déclaré l'homme, qui avait entendu parler de la tuerie sans faire le lien avec Saad Al Hilli. «Ce n'était pas de la graine d'espion, ajoute Goerge Aicolina. Tout ça ne fait aucun sens. Je ne vois pas la firme vouloir se débarrasser de lui.» Le voisin décrit un homme affable, talentueux pour son métier et doué en bricolage. Saad, souffrant de problèmes de dos, s'était rendu en France avec sa famille pour une semaine de vacances. Propriétaires d'une caravane, les Al Hilli étaient des adeptes du camping.
Car jacking
«La police du Surrey aide les autorités française et est en contact avec le ministère britannique des Affaires étrangères à la suite de la mort de quatre personnes près d'Annecy», a indiqué la police régionale dans un communiqué. Le ministre des Affaires étrangères, William Hague, a réagi sur Twitter: «L'équipe de l'ambassade britannique est sur place. Nos pensées vont aux jeunes filles qui ont survécu et à la famille».
La presse anglaise s'interroge depuis mercredi soir sur les motivations possibles de la tuerie. Certains médias ont évoqué la possibilité d'un «car jacking», ce vol de voiture à main armée pratiquée par des bandes organisées, sans étayer cette piste par aucun élément venant de l'enquête.
ANNECY (Haute-Savoie), 6 sept 2012 (AFP) - Le mystère restait entier jeudi autour du massacre "d'une extrême sauvagerie" de quatre personnes à Chevaline, en Haute-Savoie, même si la fillette de quatre ans retrouvée miraculeusement indemne après huit heures aux pieds des morts a commencé à parler.
"Ce qui est sûr, c'est qu'on voulait tuer", a déclaré lors d'une conférence de presse le procureur de la République d'Annecy, Eric Maillaud, dénonçant "un crime particulièrement horrible" et "hors normes".
Le procureur a appelé à la prudence quant à l'identité des victimes dans la voiture, qui sont selon toute vraisemblance une famille venue de Grande-Bretagne en vacances au bord du lac d'Annecy.
Le conducteur s'était enregistré quelques jours plus tôt dans un camping voisin, à Saint-Jorioz. Né à Bagdad, il vivait depuis de nombreuses années en Grande-Bretagne, a confirmé le procureur, qui n'a cependant pas souhaiter donner son nom dans l'attente d'une identification ADN.
De source policière, cet homme de 50 ans s'appelle Saad al-Hilli et est domicilié dans la grande banlieue sud de Londres, dans le comté du Surrey.
La police britannique a perquisitionné jeudi le domicile de la famille des victimes présumées, une maison à colombages d'un quartier résidentiel de Claygate, à une trentaine de kilomètres au sud de Londres.
"Fusillade terrible et tragique en France", a réagi sur Twitter le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague. "L'équipe de l'ambassade britannique est sur place. Nos pensées vont aux jeunes filles qui ont survécu et à la famille", a-t-il ajouté.
Parmi les victimes, trois ont été tuées d'une balle dans la tête mercredi sur un chemin forestier proche du village de Chevaline: le conducteur de la BMW visée, une des deux femmes découvertes sur la banquette arrière et le cycliste trouvé à proximité du véhicule, un jeune père de famille français habitant la région.
Deux passeports, suédois et irakien, ont aussi été retrouvés dans la voiture.
La plus âgée des deux femmes, 74 ans, est de nationalité suédoise, a confirmé le ministère suédois des Affaires étrangères, refusant de préciser son identité.
Par ailleurs, le procureur a insisté sur le fait que la fillette de quatre ans retrouvée indemne était "totalement invisible", faisant la morte, cachée au milieu d'une accumulation de bagages aux pieds des femmes tuées, alors qu'un début de polémique a été lancé sur le délai de huit heures avant qu'elle ne soit découverte.
"Elle était manifestement heureuse d'être dans les bras des enquêteurs. Elle a été hospitalisée dans un service pédopsychiatrique. L'essentiel est de la protéger, de la soutenir", a dit le procureur.
Elle a commencé à parler et pourrait être entendue prochainement, a ajouté le procureur, tout en appelant à ne pas trop attendre du témoignage d'une enfant de quatre ans.
Sa soeur aînée, grièvement blessée à la tête, a quant à elle été plongée dans un coma artificiel et doit être réopérée, mais son pronostic vital n'est plus engagé.
Des gendarmes étaient postés dans la matinée devant la caravane blanche de la famille, dans le camping "Le Solitaire du lac" où elle séjournait.
Les victimes ont été découvertes par un cycliste mercredi après-midi dans leur BMW break, sur ce chemin forestier qui est un point de départ de randonnées faciles avec des enfants.
Les techniciens de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), venus de Paris, étaient toujours sur place jeudi.
Quand le témoin à vélo (un ancien de la Royal Air Force ayant une propriété dans la région et qui avait l'habitude de venir en vélo dans cette zone) a découvert la scène de crime, le drame venait alors visiblement tout juste de se produire: il venait d'être dépassé par le cycliste retrouvé tué.
Le procureur a rendu hommage aux "réflexes extraordinaires" de ce premier témoin, qui a mis l'enfant blessée en position latérale de sécurité.
Les témoignages concernant le véhicule du tueur sont quant à eux étudiés.
De nombreuses douilles ont d'ores et déjà été retrouvées sur les lieux du crime, provenant d'une arme de type pistolet automatique.
Les médias britanniques se sont emparés de l'affaire dès mercredi soir, après la révélation que la plaque d'immatriculation du véhicule était britannique. The Independent et le Mirror évoquent l'hypothèse d'un braquage qui aurait mal tourné, tandis que The Telegraph parle d'assassinats, des faits prémédités donc, par un tueur soucieux de ne laisser aucun témoin derrière lui, des hypothèses que les enquêteurs n'avancent pas pour l'heure.
"Ce qui est sûr, c'est qu'on voulait tuer", a déclaré lors d'une conférence de presse le procureur de la République d'Annecy, Eric Maillaud, dénonçant "un crime particulièrement horrible" et "hors normes".
Le procureur a appelé à la prudence quant à l'identité des victimes dans la voiture, qui sont selon toute vraisemblance une famille venue de Grande-Bretagne en vacances au bord du lac d'Annecy.
Le conducteur s'était enregistré quelques jours plus tôt dans un camping voisin, à Saint-Jorioz. Né à Bagdad, il vivait depuis de nombreuses années en Grande-Bretagne, a confirmé le procureur, qui n'a cependant pas souhaiter donner son nom dans l'attente d'une identification ADN.
De source policière, cet homme de 50 ans s'appelle Saad al-Hilli et est domicilié dans la grande banlieue sud de Londres, dans le comté du Surrey.
La police britannique a perquisitionné jeudi le domicile de la famille des victimes présumées, une maison à colombages d'un quartier résidentiel de Claygate, à une trentaine de kilomètres au sud de Londres.
"Fusillade terrible et tragique en France", a réagi sur Twitter le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague. "L'équipe de l'ambassade britannique est sur place. Nos pensées vont aux jeunes filles qui ont survécu et à la famille", a-t-il ajouté.
Parmi les victimes, trois ont été tuées d'une balle dans la tête mercredi sur un chemin forestier proche du village de Chevaline: le conducteur de la BMW visée, une des deux femmes découvertes sur la banquette arrière et le cycliste trouvé à proximité du véhicule, un jeune père de famille français habitant la région.
Deux passeports, suédois et irakien, ont aussi été retrouvés dans la voiture.
La plus âgée des deux femmes, 74 ans, est de nationalité suédoise, a confirmé le ministère suédois des Affaires étrangères, refusant de préciser son identité.
Par ailleurs, le procureur a insisté sur le fait que la fillette de quatre ans retrouvée indemne était "totalement invisible", faisant la morte, cachée au milieu d'une accumulation de bagages aux pieds des femmes tuées, alors qu'un début de polémique a été lancé sur le délai de huit heures avant qu'elle ne soit découverte.
"Elle était manifestement heureuse d'être dans les bras des enquêteurs. Elle a été hospitalisée dans un service pédopsychiatrique. L'essentiel est de la protéger, de la soutenir", a dit le procureur.
Elle a commencé à parler et pourrait être entendue prochainement, a ajouté le procureur, tout en appelant à ne pas trop attendre du témoignage d'une enfant de quatre ans.
Sa soeur aînée, grièvement blessée à la tête, a quant à elle été plongée dans un coma artificiel et doit être réopérée, mais son pronostic vital n'est plus engagé.
Des gendarmes étaient postés dans la matinée devant la caravane blanche de la famille, dans le camping "Le Solitaire du lac" où elle séjournait.
Les victimes ont été découvertes par un cycliste mercredi après-midi dans leur BMW break, sur ce chemin forestier qui est un point de départ de randonnées faciles avec des enfants.
Les techniciens de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), venus de Paris, étaient toujours sur place jeudi.
Quand le témoin à vélo (un ancien de la Royal Air Force ayant une propriété dans la région et qui avait l'habitude de venir en vélo dans cette zone) a découvert la scène de crime, le drame venait alors visiblement tout juste de se produire: il venait d'être dépassé par le cycliste retrouvé tué.
Le procureur a rendu hommage aux "réflexes extraordinaires" de ce premier témoin, qui a mis l'enfant blessée en position latérale de sécurité.
Les témoignages concernant le véhicule du tueur sont quant à eux étudiés.
De nombreuses douilles ont d'ores et déjà été retrouvées sur les lieux du crime, provenant d'une arme de type pistolet automatique.
Les médias britanniques se sont emparés de l'affaire dès mercredi soir, après la révélation que la plaque d'immatriculation du véhicule était britannique. The Independent et le Mirror évoquent l'hypothèse d'un braquage qui aurait mal tourné, tandis que The Telegraph parle d'assassinats, des faits prémédités donc, par un tueur soucieux de ne laisser aucun témoin derrière lui, des hypothèses que les enquêteurs n'avancent pas pour l'heure.
La famille al-Hilli, une résidente suédoise, un jeune père français... qui sont les victimes présumées de la tuerie de Haute-Savoie
Le HuffPost avec AFP | Publication: 06/09/2012 19:21 Mis à jour: 06/09/2012 19:37
HAUTE-SAVOIE - La police britannique perquisitionnait jeudi 6 septembre le domicile de la famille des victimes présumées de la tuerie de Haute-Savoie, une maison à colombages d'un quartier résidentiel de Claygate, à une trentaine de kilomètres au sud de Londres. Les al-Hilli, dont le véhicule a été retrouvé sur les lieux du drame, avec à son bord trois cadavres dont l'identité n'a pas été confirmée, avaient pris le ferry pour venir en France où ils aimaient passer leurs vacances.
À Claygate, la caravane familiale est visible sur le côté de la maison, entièrement bâchée de vert. "Ils faisaient beaucoup de tourisme en France", indique Julian Stedman, le comptable de Saad al-Hilli depuis 2004, également résident de ce quartier. Il en parle à la fois comme d'un "client" et d'un "ami", un homme "jovial" et surtout "très travailleur", "un type délicieux, avec des petites filles délicieuses qu'il adorait". "Nous avions l'habitude de voir le couple à l'heure du départ pour l'école, ils étaient charmants, très sympathiques avec des petites filles ravissantes", témoigne à son tour une voisine qui amenait parfois ces dernières à l'école. Devant la maison, un ami de la famille a apporté un bouquet de roses blanches et dit simplement que Saad al-Hilli, le père de famille, était "un type bien".
"Un père parfait et un ingénieur talentueux"
Selon un autre ami de la famille prénommé James qui a précisé connaître le couple depuis 2004, Saad al-Hilli "a été à l'école à Pimlico", quartier de Londres où il a grandi après que ses parents eurent quitté l'Irak dans les années 1970, poussés dehors pour des raisons politiques, selon cet ami. Il a reçu une éducation britannique et s'est installé en 1984 avec sa femme Iqbal à Claygate, dont de nombreux résidents font au quotidien la navette pour aller travailler à Londres. "C'était un bon copain, un ami proche. Saad était un père parfait et un ingénieur talentueux. Il était aussi un cycliste passionné", a-t-il commenté. Il a également confié avoir parlé à Saad le 24 août, celui-ci lui disant qu'il prenait deux semaines de vacances. Selon cet ami proche, la famille possédait une résidence secondaire en France.
Saad al-Hilli avait créé il y a quelques années Shtech, une entreprise de conseil informatique spécialisée dans l'aéronautique, dont son épouse Iqbal était la secrétaire selon le registre du commerce. Un peu plus jeune que son mari, également d'origine irakienne, elle s'occupait cependant la plupart du temps des deux petites filles.
"Il n'avait aucun ennemi à ma connaissance"
Pour un facteur du village interrogé par l'AFP, le propriétaire "habitait dans la maison depuis environ trois ans". "Il avait l'air d'un homme agréable". Non loin de la résidence de Saad al-Hilli, l'une adresse correspondant au siège de son entreprise. Le travail de Saad al-Hilli "était très technique. En général il travaillait pour une entreprise à la fois, et en changeait quand il avait fini ce qu'il avait à faire", indique son comptable. Son dernier employeur était SSTL, une société de satellites appartenant au groupe EADS. À la question de savoir s'il connaissait des ennemis à Saad al-Hilli, Julian Stedman indique: "Aucun à ma connaissance". Le comptable ne pense pas cependant "que Saad ait pu connaître des secrets" dangereux. "Il n'était impliqué dans aucun contrat de défense", à sa connaissance. Saad al-Hilli était "un excellent père de famille et un informaticien hors pair", conclut-il.
Au camping "Le solitaire du lac", on se rappelle la mère de famille, à la peau mate et aux longs cheveux noirs. Quant aux petites, qui faisaient du vélo et portaient des couettes, leur dernière frayeur avant la tuerie avait été les deux chiens des campeurs néerlandais d'à côté.
Une victime suédoise
La plus âgée des victimes de la tuerie, dont le corps a été retrouvé dans le véhicule en compagnie de ceux présumés de Saad et Iqbal al-Hilli, est de nationalité suédoise, a indiqué jeudi le ministère suédois des Affaires étrangères.
Une porte-parole de la diplomatie suédoise a refusé de communiquer l'identité de la victime dans l'attente de la confirmation officielle, qui pourrait intervenir avant la fin de la journée. Sa famille en Suède va toutefois être informée par la police dans l'après-midi. Deux passeports, un suédois et un irakien ont été retrouvés sur les victimes à bord du véhicule.
Et un père de famille de la région
Sylvain Mollier, quatrième victime du drame dont le corps a été retrouvé à proximité du véhicule, est certainement passé au mauvais endroit au mauvais moment. Tué d'une balle dans la tête, ce père de trois enfants -dont le dernier était né en juin dernier- était un habitant de la région. Il travaillait à une vingtaine de kilomètres de Chevaline, à Ugine, en Savoie, pour l'entreprise Cezus du groupe Areva, spécialisée dans la métallurgie du zirconium selon Le Dauphiné. Il était parti seul faire un tour de vélo et son épouse avait prévenu la police, inquiète de ne pas le voir revenir, sans savoir qu'il avait été victime de la tuerie de Chevaline.
Michel Chevallier, adjoint au maire d'Ugine, qui connaissait Sylvain Mollier, parle sur Europe 1 d'un homme "qui était vraiment sans histoires, apprécié de ses voisins, de ses collègues de travail". "Dans ma tête, je vois Sylvain arriver en vélo et une personne lui tirer dessus parce qu'il a été témoin d'un massacre, raconte l'adjoint, il serait passé peut-être cinq minutes avant, il serait tranquille, cinq minutes après, il aurait été le premier témoin de ce massacre, mais aujourd'hui il serait avec nous pour parler de ce massacre".
Le témoin qui a découvert la scène du crime et prévenu les autorités, également parti pour une balade à vélo, a raconté avoir été doublé par Sylvain Mollier quelques minutes avant de découvrir son cadavre.