ElBaradei, le sage se rebelle
L'ancien patron égyptien de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique), Prix Nobel de la paix en 2005, défie Hosni Moubarak et envisage de se présenter à l'élection de 2011.
Certains moments dans l’histoire, imprévisibles et cruciaux, révèlent les hommes. Ces moments-là emportent tout, la peur et la raison. C’est peut-être un de ces instants qu’est en train de vivre Mohamed ElBaradei. L’ancien patron de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique), Prix Nobel de la paix en 2005, homme à la réputation presque aussi immaculée que les rues de Vienne où il a vécu un quart de siècle, aura attendu soixante-sept ans pour devenir ce qu’il est: un "rebelle", qui ose, aujourd’hui, défier le régime d’Hosni Moubarak et envisage de se présenter comme candidat indépendant à l’élection présidentielle de 2011.
Le Caire, une villa non loin des pyramides de Guizeh. La demeure de l’ancien homme de droit. L’endroit respire le calme et le luxe: vaste salon, toiles de goût, jardin somptueux. Mais le luxe est trompeur : ici est en train de naître un mouvement démocratique, un nouvel élan dont Mohamed ElBaradei est le porte-drapeau. Lui feint encore de s’en étonner. "Je n’avais pas du tout prévu ce qui est en train de se passer", jure-t-il dans sa chemise rose, ses inséparables lunettes rondes sur le nez.
L’imprévu, c’est cet appel lancé par de jeunes Egyptiens pour qu’il revienne au pays et se présente à la prochaine élection présidentielle. L’Egypte, lui expliquaient-ils, ne peut rester sous la coupe du président Moubarak ou de son fils Gamal, sous l’état d’urgence en vigueur depuis trente ans. "Face à cela, il m’était difficile de rester silencieux", justifie-t-il. Il évoque donc une possible candidature. "Mais je voulais la garantie qu’il y ait des élections libres et équitables." Ce qu’il réclame: une révision de la Constitution. Car celle-ci rend quasiment impossible la candidature d’un indépendant et assure le pouvoir au parti historique, le PND (Parti national démocrate). Mohamed ElBaradei sait qu’il s’apprête à donner un immense coup de pied dans la fourmilière.
Crédibilité
Fin février dernier, il revient au Caire. Une foule enthousiaste vient l’accueillir à sa descente d’avion. Très vite, dans sa villa, s’organisent les premières réunions. "ça s’est passé là, dans le salon, raconte sa femme, Aida. Depuis, j’ai dû acheter des chaises en plastique pour que tout le monde puisse s’asseoir.é Intellectuels, artistes, membres de partis d’opposition participent à des discussions enfiévrées. Tous s’accordent sur une idée : le changement ne peut plus attendre. Et c’est ElBaradei, l’indépendant, qui l’incarnera.
"La démocratie n’existe pas dans ce pays, assène le nouvel opposant. Quand vous voyez la pauvreté qui y règne alors que nous disposons de tant de ressources, c’est qu’il y a un problème de gouvernance. On ne pourra pas avoir de justice sociale sans changer le système politique. Il faut un Parlement fort, qui représente réellement la population, une justice indépendante, un turnover au sein du pouvoir." Le discours n’est pas nouveau. Certains opposants l’ont tenu avant lui. Aucun n’a jamais été vraiment pris au sérieux. "Peut-être n’avaient-ils pas ma crédibilité", avance-t-il. "Il n’est pas corrompu et il est respecté, s’enflamme George Ishak, le vieux leader du mouvement d’opposition Kifaya, devenu allié d’ElBaradei. Pendant des années, on s’est demandé qui pouvait incarner l’alternative à Moubarak. Maintenant, on sait que cet homme existe." Un observateur international acquiesce: "Avant ElBaradei, l’élection présidentielle était pliée. C’était soit Hosni Moubarak, soit son fils. On est passé d’une logique de succession à une logique de transition." Devant la ferveur, ElBaradei adopte une prudence de vieux matou. Et ne promet pas qu’il sera candidat. "Si les gens me soutiennent et si la Constitution est modifiée, je l’envisagerai. Mais ce qui m’intéresse avant tout, c’est d’ouvrir les portes pour tout le monde, de modifier les règles du jeu."
Elargir le champ des possibles, faire du changement un réel vraisemblable. Il y a un peu d’Obama dans le discours de l’ancien patron de l’"Agence". Dans ses méthodes aussi. Parce qu’il n’a pas "le droit d’avoir un quartier général ni de lever des fonds", c’est d’abord via Facebook que le phénomène ElBaradei est né. La page qui lui est consacrée rassemble aujourd’hui 250.000 personnes. Depuis quinze jours, ElBaradei twitte. Et ça l’amuse: "Les messages que j’envoie font désormais la une des journaux d’opposition." "C’est bien le problème, affirme Abdel-Monem Saïd, directeur du journal Al-Ahram et intellectuel influent au sein du pouvoir. Il croit que le monde virtuel qui le soutient représente toute l’Egypte."
"Il faut changer les mentalités"
ElBaradei, intouchable parce que trop médiatique, désarçonne les caciques du pouvoir. "Le gouvernement ne s’attendait pas à ce que quelqu’un comme moi intervienne. J’ai été décoré par le pouvoir, je suis considéré comme un fils de l’Egypte", explique-t-il, goguenard. L’exaspération des autorités est montée d’un cran ces dernières semaines depuis que le candidat virtuel s’est mué en adversaire bien réel: un mouvement, le Front national pour le changement, a été créé. Une campagne d’adhésion a été lancée. Mohamed ElBaradei se déplace maintenant dans le pays, fréquente mosquées ou églises coptes, comme il l’a fait pour Pâques. "Il s’est entouré de fascistes, comme le mouvement nassérien ou les Frères musulmans", tempête Abdel-Monem Saïd. ElBaradei ne nie pas des discussions avec le mouvement islamiste. "Entre 20% et 30% de la population les soutiennent. Vous ne pouvez pas les ignorer. Ils ont dit qu’ils n’étaient pas pour un Etat religieux mais pour un Etat civil moderne. Il faut croire en leur bonne foi."
Le phénomène ElBaradei est donc lancé. Et si le diplomate parvenait à ses fins? Si le pouvoir finissait par lâcher la bride? S’il se présentait et était élu? "Imaginez le choc que ce serait pour le reste du Moyen-Orient, où la plupart des régimes ressemblent à celui de l’Egypte", anticipe un observateur international. Et dans le cas contraire? Si le régime refuse de toucher à la Constitution? "Alors, j’appellerai ceux qui m’ont soutenu à boycotter les élections, explique ElBaradei. De toute façon, je ne pense pas que notre mouvement aboutisse avec l’élection d’un nouveau président. Il faut changer les mentalités, que les gens apprennent ce qu’est la démocratie. Cela prendra au moins une génération." Tous les hommes ne changent pas aussi vite que certains sages se découvrant rebellesالخونة كان اليهود العبرانيون بالمدينة المنورة ـ في السنوات الأولى من قيام دولة النبوة ـ يتربصون بهذه الدولة الدوائر، حريصين على هزيمتها أمام الشرك الوثني، عاملين على تأليب القبائل الوثنية على محاربة الإسلام والمسلمين ـ رغم التعاقد الذي عقده معهم المسلمون، كي يعيشوا في إطار هذه الدولة الإسلامية، لهم ما للمسلمين وعليهم ما على المسلمين.
ولذلك، انتهز يهود بني النضير فرصة هزيمة المسلمين في موقعة أحد ـ 7 شوال سنة 3 هجرية 23 مارس سنة 625م ـ فنقضوا عهدهم مع الدولة الإسلامية ـ بعد أشهر من هذه الهزيمة ـ سنة 4 هجرية ـ .. لقد كان بينهم وبين المسلمين عهد أن "يتعاونوا في أداء الديات".. فنقضوا هذا العهد.. وعندما ذهب إليهم الرسول ـ صلى الله عليه وسلم ـ يدعوهم للوفاء بتعهداتهم، رفضوا بل وتآمروا على قتله!.. فكان حصار المسلمين لهم، حتى خرجوا من ديارهم بعضهم إلى "خيبر" .. وبعضهم إلى الشام..
وبخروج بني النضير من ديارهم سنة 4 هجرية بعد خروج بني قينقاع ـ عقب خيانتهم سنة 3 هجرية ـ .. لم يبق بالمدينة من اليهود العبرانيين سوى يهود خيبر ـ التي تحولت إلى مركز للتآمر على الإسلام والمسلمين!.. ومعهم يهود بني قريظة ـ القاطنين حول المدينة المنورة ـ ..
فلماذا اجتمعت قبائل الشرك والوثنية لحصار المدينة المنورة، في غزوة الخندق ـ ذي الحجة سنة 5 هـ سنة 923م ـ واشتد الحصار على المسلمين، حتى بلغ حالهم تلك الصورة التي عبر عنها القرآن الكريم بقوله {إذْ جَاءُوكُم مِّن فَوْقِكُمْ ومِنْ أَسْفَلَ مِنكُمْ وإذْ زَاغَتِ الأَبْصَارُ وبَلَغَتِ القُلُوبُ الحَنَاجِرَ وتَظُنُّونَ بِاللَّهِ الظُّنُونَا (10) هُنَالِكَ ابْتُلِيَ المُؤْمِنُونَ وزُلْزِلُوا زِلْزَالاً شَدِيداً (11) وإذْ يَقُولُ المُنَافِقُونَ والَّذِينَ فِي قُلُوبِهِم مَّرَضٌ مَّا وعَدَنَا اللَّهُ ورَسُولُهُ إلاَّ غُرُوراً (12) وإذْ قَالَت طَّائِفَةٌ مِّنْهُمْ يَا أَهْلَ يَثْرِبَ لا مُقَامَ لَكُمْ فَارْجِعُوا ويَسْتَأْذِنُ فَرِيقٌ مِّنْهُمُ النَّبِيَّ يَقُولُونَ إنَّ بُيُوتَنَا عَوْرَةٌ ومَا هِيَ بِعَوْرَةٍ إن يُرِيدُونَ إلاَّ فِرَاراً} (الأحزاب: 10 ـ 13)..
في ذروة ساعات العسرة هذه ـ عندما زاغت الأبصار.. وبلغت القلوب الحناجر.. وظن الناس بالله الظنون.. وعلت أصوات وتحركات الجبن والنفاق! ـ في هذه اللحظات الحرجة انتهز يهود بني قريظة الفرصة، فنقضوا عهدهم مع الدولة الإسلامية، وفتحوا ـ في مساكنهم ـ ثغرة كي يقتحم منها المشركون المدينة المحاصرة!.. لكن نصر الله للمؤمنين به، أحبط كيد خيانتهم، فكانت العاصفة التي هبت على مواقع المشركين، والتي اضطرتهم إلى الانسحاب.. وبقى خونة بني قريظة لمصيرهم، الذي ارتضوا فيه التحكيم والمحاكمة على هذه الخيانة.. فحكم الذين ارتضوهم من حلفائهم بقتل المقاتلين منهم جراء خيانتهم في ساعة العسرة، ونقضهم العهد الذي سبق وعاهدوا عليه المسلمين!..
نعم.. لقد زحف المسلمون ـ عقب جلاء المشركين من حول المدينة ـ إلى الأحياء التي يسكنها هؤلاء الخونة، فحاصروهم خمسًا وعشرين ليلة ـ في ذي الحجة سنة 5 هجرية ـ.. ورفضوا السماح لهم بالجلاء والخروج إلى الشام ـ أو الخروج إلى خيبر.. فلما ارتضوا التحكيم في خيانتهم كان هذا هو حكم حليفهم سعد بن معاذ، الذي ارتضوه هم حكمًا في هذا الذي اقترفوه.
وبكسر شوكة يهود بني قريظة.. لم يبق بداخل المدينة المنورة من بؤر التآمر والخيانة والتحريض على الدولة الإسلامية سوى يهود خيبر.. الذين قرءوا على التآمر والخيانة والتحريض، فأوغلوا في طريقها، متحالفين مع الشرك الوثني، ضد التوحيد الذي جاء قرآنه مصدقًا لما معهم، وضد المسلمين، الذين يصلون ويسلمون على أنبياء بني إسرائيل!.. نعم.. ساروا بها وأوغلوا من هذا الطريق، غير معتبرين بمصائر الذين سلكوه!يوم أمس الأول 11/4/2010 .. حدد د. مصطفى الفقي أمام طلاب جامعة بنها الشروط التي ينبغي توافرها في رئيس مصر القادم مشددا على: "ضرورة أن يتمتع الرئيس القادم بتاريخ مشرف، وأن يمتلك خبرات تسمح له بقيادة وطن في حجم مصر، ويكون معبرا عن كل المصريين بصرف النظر عن أصوله السياسية"
كلام الفقي جاء لاحقا على كلام آخر بشأن "حقوق" جمال مبارك، باعتباره "مواطنا طبيعيا" وفي سياق ذُكر فيه عدد من المرشحين المفترضين لمقعد الرئاسة.
الفقي استخدم لغة التلميح إلى ما يمكن اعتباره تأكيدا لتراجع سيناريو التوريث، وهي إشارات تتسق وما تردد مؤخرا في ذلك الشأن.. وما يعطي لهذا الكلام "قيمة" أنه صادر من شخصية مقربة من السلطة ربما تكون مطلعة على ما يجري من ترتيبات ومقتراحات.. فيما ظلت التقارير المتداولة حول تراجع دور جمال مبارك السياسي محض تكهنات وتوقعات مراقبين ليس بوسعهم أكثر من تحليل المواقف عساها تهديهم إلى رسم صورة قريبة من حقيقة ما يجري خلف الأبواب المغلقة في كواليس السلطة.
الفقي استبعد اجراء أية تعديلات دستورية بسبب ما وصفه بـ"ضيق الوقت".. غير أنه ألمح إلى أن الباب ليس مغلقا وتوقع حدوث تعديل دستوري محدود يتعلق بمادة واحدة فقط.
التكهنات الأقرب إلى "المعلومات" تمضي في هذا الاتجاه، سيما إذا كانت النيات فعلا تتجه نحو تستيف ملف التوريث وحفظه في أرشيف وأضابير السلطة .. لأن الوضع في مصر اليوم بالغ الدقة والحساسية، والتعديلات الدستورية التي أجراها الرئيس مبارك عشية الانتخابات الرئاسية السابقة، أغلقت كل أبواب الرحمة في وجه البلد، ووضعتها أمام خيار "عائلي" واحد، فيما جاءت التطورات الأخيرة: ظهور البرادعي ومرض الرئيس مبارك، لتربك كل الحسابات وتضع القيادة السياسية أمام خيارات أخرى "اضطرارية" وقسرية، لتأمين نقل السلطة على نحو غير مستفز للرأي العام ولا للقوى السياسية المعارضة لنظام حكم الرئيس مبارك.
ومع ذلك فإنني لا زالت عند قناعتي الشخصية بأن الأوضاع ـ رغم هدوئها الظاهر ـ لا زالت حُبلى بكثير من المفاجآت ولا ندري على وجه اليقين ماذا ينتظرنا غدا.. فصناع القرار قد يكونوا الليلة مشغولين بالبحث في صيغة تنزع عن الأبواب المغلقة في الدستور أقفالها، وربما تباغتهم مفاجآت "الغيب السياسي" بما لم يكن في الحسبان، ما يجعل الدستور في مدونته الكلية عبئا على البلد كلها، ويفرض على من سيكون بيده مقاليد الدولة عندئذ، الانصياع القهري إلى كتابة دستور جديد للبلاد يكون مقدمة لانبلاج فجر قد طال انتظاره.. والله تعالى أعلى وأعلم..
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